Introduction à l’art céramique


Un peu d’histoire…

Il y a eu l’âge de bronze, l’âge de pierre, mais il n’y a jamais eu d’âge de la céramique, et pourtant… Elle est aujourd’hui à la pointe de certaines technologies, utilisée par tous au quotidien et l’idée de façonner et de cuire de l’argile a fait son apparition environ 8000 ans av. JC au Moyen-Orient ( 10000 ans av. JC au Japon ). Une céramique marquée dès son apparition de la particularité d’être poreuse. Son histoire sera donc celle de ses découvertes, de ses couvertes. Une histoire d’enduit, de vernis, de lustres et d’émaux sur fond de composition de pâtes et de conduite de cuissons.

Façonnage

Au départ, les objets céramique sont façonnés uniquement à la main, grâce aux colombins. Mais pour confectionner un récipient rond, il apparaît plus efficace de faire tourner le bloc d’argile, d’où l’invention du tour de potier à l’époque des premières dynasties des pharaons d’Egypte, il y a quelques 5000 ans. Le façonnage de la céramique par coulage apparaît à la fin du XVIIIe siècle

Pâtes céramiques

Côté pâte, la Chine des Sui au XIème siècle parvient à l’inaccessible porcelaine blanche et translucide qui hypnotisera l’occident jusqu’au XIIIème siècle. Pour les potiers européens, ce fût un casse tête-chinois. Au Moyen-Age, on appelait porcelaine, des coquillages nacrés aux reflets irisés. Au XIVème siècle, ce mot désignait par analogie les terres cuites vernissées à reflets métalliques. A partir du XVème siècle ont été appelées porcelaines les pièces rapportées de Chine ou du Japon. La « porcelaine tendre » est apparue en France à la fin du XVIIème siècle pour tenter de concurrencer la véritable porcelaine d’Extrême-Orient. C’est en Saxe que Bottger réussit enfin à la suite de la découverte d’un gisement de kaolin, à produire la première porcelaine dure européenne en 1709.
En 1740, il reviendra aux potiers anglais de mettre au point la pâte blanche de faïence fine faite d’argile fine et de silex broyé qui deviendra la céramique par excellence de la fin du XVIIIème siècle.
Le grès arrive à la fin du Moyen-Age et prend son essor au XVIème siècle.
La lave émaillée qui supporte le grand feu comme le gel sans craqueler s’installera sur les plaques de rues et de maisons et autres tables d’orientation.

Décor et émaux

Au néolithique, on presse divers objets ( cordes tressées, épis de blés, coquillages,… ) sur les céramiques pour les décorer. Puis, on découvre l’engobe, toujours largement utilisée. Rapidement, d’aléatoires enduits extrait de cendres voient le jour au Moyen-Orient. Puis des vernis à base de plomb qui forment à partir de 800°c une fine pellicule cristalline de verre. Un pas vers l’étanchéité est franchi. Au VIIIème siècle, l’Egypte et la Mésopotamie introduisent le lustre métallique, un mince voile doré ou nacré, obtenu à partir d’un mélange d’oxyde de cuivre et d’argent réduit à four fermé. La découverte de l’émail est attribuée aux babyloniens et représente un deuxième pallier de l’évolution celui de la faïence. Les savoir-faire et les conquêtes de l’Islam propagent la céramique jusqu’en Espagne où elle donne naissance aux éblouissantes faïences mauresques azuleros à décor peint en bleu. Ces faïences de luxe transiteront par Majorque à destination d’une Italie effervescente qui s’en empare à son tour pour en faire la faïence de sa renaissance, la majolique. La faïence n’arrive en France qu’au XVème siècle, l’agitation céramique est alors intense. Catherine de Médicis commande à Bernard de Palissy une invraisemblable grotte émaillée pour le jardin des Tuileries, Louis XIV fait construire un éphémère trianon de céramique recouvert des plus belles faïences de Delft, Rouen et Nevers.

Cuisson

On trouve les premiers fours clos dès 4000 ans av. J.C, la cuisson y est plus élevée et régulière que dans les foyers à feu découvert. Leur atmosphère réductrice permet notamment aux Etrusques d’atteindre de nouvelles colorations bronze et aux grecs de tracer à l’oxyde de fer leurs étonnantes figures noires et rouges. Il faudra attendre la faïence perse du XIIème siècle pour connaître le bouleversement des cuissons successives. Cuisson au grand feu de 900°c pour le support, puis au petit feu de 500°c pour le décor.