Cuisson de l’émail


Les pièces recouvertes de la couche d’émail cru sont enfournées délicatement et cuites afin de fondre l’émail.

L’enfournement

L’enfournement se fait essentiellement en planchers. Puisque l’émail va fondre, les pièces ne doivent pas se toucher et on doit les débaguer, c’est à dire enlever l’émail des parties en contact avec les plaques d’enfournement. Si la cuisson ne se fait pas à trop haute température, les pièces peuvent aussi se poser sur des pernettes ou des trépieds, qui laisseront après cuisson de petites marques que l’on pourra meuler.

Courbe de cuisson

La montée en température peut se faire plus rapidement que pour la cuisson de biscuit. A basse température, les transformations éventuelles ( dégagement de vapeur d’eau, combustion des produits organiques de l’émail ) se fond le plus souvent sans créer de difficultés. A plus haute température, certains constituants de l’émail peuvent se décomposer avec formation de gaz. A haute température, les phénomènes de fusion s’accentuent, la couche d’émail devient pâteuse, puis fondue. L’émail s’étale, « se nappe », il mouille le support, tout en restant suffisamment visqueux pour ne pas couler le long des parois verticales. Les inégalités d’épaisseurs ont tendance à s’atténuer. Arrivé à la température maximum, il peut être intéressant d’y faire un pallier pour que les phénomènes de fusion se terminent, pour laisser à l’émail le temps de se napper parfaitement. Au cours du refroidissement, l’émail va devenir de plus en plus visqueux puis, finalement, un verre solide accroché à son support.

Caractéristiques et défauts de l’émail cuit

Au défournement, la pièce céramique est donc recouverte d’une pellicule de verre, beaucoup plus fine que l’émail cru. Cette couche d’émail est le plus souvent lisse, unie brillante et transparente, mais certains composés ajoutés à l’émail permettent de modifier ces caractéristiques. Elle est également étanche alors que le tesson était poreux. Elle est inerte, l’émail n’est pas altéré par l’air, l’eau et la plupart des produits chimiques, un objet convenablement émaillé peut donc avoir un usage alimentaire. L’émail apporte aussi de la dureté au produit fini.
Certains émaux présentent du « tressaillage » ou de l’ »écaillage« , ce qui se traduit par un défaut d’étanchéité. Une pièce émaillée peut présenter des retirement d’émail, due à un mauvais accrochage de l’émail cru sur un support gras ou poussiéreux, à un émail posé trop épais, à un émail posé en deux fois, à un émail trop visqueux pendant sa fusion. La couche d’émail peut être piquetée de trou d’épingle, ou picots dont les causes sont multiples ( poussières, petit point de chaux,… ). L’émail peut être « sous-cuit« , il n’est pas bien fondu, il n’est pas bien vitrifié, son aspect peut être mat, rugueux, opaque, bullé. L’émail peut être « sur-cuit« , son aspect peut être très brillant, très lisse ou bullé.