l’émaillage


Préparation du bain d’émail

Afin de faciliter les phénomènes de fusion, les matériaux que l’on mélange pour fabriquer l’émail doivent être réduits en poudre fine par traitement dans un broyeur à galet. Le mélange de l’eau et des différents matériaux peut se faire dans le broyeur, dans un délayeur ou à la main et tamiser 2 ou 3 fois pour parfaire le mélange. Le bain d’émail doit avoir la consistance d’une pâte à crêpe ( masse volumique d’environ 1,4Kg/l ). On peut ajouter au bain d’émail divers agents suspensifs, colles, défloculents qui évitent la décantation trop rapide ( le « plombage » ) et durcissent la couche d’émail posée sur le support céramique.

Le support céramique

Le support céramique sur lequel va être posé l’émail doit être propre, sans poussières, ni tâches grasses. Le support est le plus souvent biscuité. Il est alors assez solide pour être manipulé sans risque, il est poreux, ce qui lui permet d’absorber l’eau du mélange émail + eau, et cette absorption se fait sans détériorer le support. On peut envisager de poser l’émail sur un support cru. Cela présente le gros avantage de limiter le nombre de cuissons ( on fait de la « monocuisson » ) mais impose de cuire l’émail et la pâte céramique à la même température. L‘émaillage sur cru peut se faire avec certaines pâtes céramiques, en particulier le vitreous, mais pas avec d’autres. Les difficultés peuvent apparaître à la pose ou à la cuisson : fentes du support, retirement de l’émail. On doit autant que possible réaliser l’émaillage sur cru sur des pièces épaisses et poser l’émail en faible épaisseur. On peut également envisager de poser l’émail sur un support non poreux ( pâtes céramiques grésées ou bien recouvertes d’un émail cuit ), en utilisant des mélanges émail + eau très épais et en préchauffant le support vers 80-100°c.

Techniques de pose de l’émail

Par différentes techniques, on dépose sur le support céramique une épaisseur d’émail de l’ordre de 0,5 à 1,5 mm .

L’émaillage par trempage

La pièce à émailler, tenue à la main ou avec des pinces d’émaillage est plongée un bref instant dans le bain d’émail puis sortie. A ce moment là, la couche d’émail emportée avec la pièce est encore fluide et elle se fige en quelques secondes. Des gestes bien contrôlés permettent d’obtenir une couche d’émail d’épaisseur convenable et uniforme.

L’émaillage par pulvérisation

La pièce est posée sur une tournette et le mélange émail + eau est pulvérisé sur la pièce en fines gouttelettes, au moyen d’un pistolet alimenté en air comprimé. L’orientation du jet et la rotation de la tournette permettent d’obtenir, éventuellement en plusieurs couches, une épaisseur d’émail régulière. L’opération se fait dans une cabine d’émaillage équipée d’une aspiration pour éliminer les poussières d’émail, et éventuellement d’un système de récupération.

L’émaillage par aspersion

On remplit d’émail une louche et on arrose progressivement l’extérieur de la pièce. Il est difficile avec cette méthode d’obtenir une épaisseur régulière et d’éviter les coulures.

L’émaillage par rinçage

De l’émail est introduit dans une pièce creuse. En secouant et en renversant l’excédant d’émail tout en faisant tourner la pièce, on arrive à couvrir d’émail toute la surface intérieure de la pièce.

L’émail au pinceau

L’émail est déposé au pinceau sur la pièce sans trop appuyer, éventuellement en couches croisées. L’épaisseur d’émail n’est pas très régulière. Cette méthode permet de faire des retouches.

Toutes ces techniques sont relativement mécanisées et automatisées dans l’industrie.