Les différentes techniques de pose du décor


Techniques de pose

Le mélange de colorant et de liquide porteur est appliqué sur une surface et les techniques de pose sont très variées, simples ou complexes, artisanales ou industrielles, anciennes et parfois dépassées ou très récentes, essentiellement manuelles ou très mécanisées.

Techniques artisanales

Le décor peut être réalisé de façon très libre, à main levée.
Le décor peut être plus géométrique : des filets et des bandes colorées, faisant tout le tour des pièces rondes, peuvent être réalisés après avoir centré et calé la pièce sur une tournette. Les « diviseurs » permettent de diviser rapidement les pièces en quartiers égaux.
Le décor peut être plus « cadré », pour être réalisé rapidement et de façon exacte, et reproduit à l’identique sur plusieurs pièces. On peut utiliser pour cela un « poncif » piqueté selon les traits du décor, décor que l’on reporte sur la pièce à l’aide de poudre de carbone ( ou amidon pour les pièces sombres ). On peut aussi utiliser un pochoir ajouré selon le décor désiré. Le pochoir peut être en carton, plastique ou en métal, il peut être plat ou avoir la même forme que la pièce à décorer.
Le liquide coloré peut être posé sur la pièce de plusieurs façons.
Au pinceau, en martre, petit gris ou synthétique, à poils durs ou souples et de formes très diverses ( pinceaux à peindre, traceurs, à filet, à serti, pinceaux pour fond, à putoiser,… ).
A la plume, si la surface de la pièce est dure.
A la poire ( ou au barolet ) qui permet par pression des doigts de régler l’écoulement de la couleur. Technique utilisée avec des engobes.
A la brosse dure, comme une brosse à dents, pour obtenir des effets mouchetés.
Au pistolet, aérographe ou chromographe, pour lesquels le liquide est propulsé vers la pièce en un brouillard de gouttelettes obtenu par de l’air comprimé. Selon les réglages ( distance, pression d’air, débit de liquide, ouverture du jet ), on peut obtenir des effets variés.
Un décor d’éléments répétés peut être rapidement exécuté à l’aide d’éponges convenablement découpées ou de tampons portant en relief le décor voulu. Soit en venant tamponner, soit à l’inverse en enlevant de la couleur avec l’éponge ou le tampon propre, ou encore en travaillant avec une pointe, qui peut donner un donner un décor en creux si le support est encore tendre.
On peut faire un « décor en réserve« , en dessinant sur la pièce avec un mélange chaud, liquide de paraffine et huile de paraffine , ou une matière plastique liquide à base de latex. Par la suite on étale la couleur sur la pièce, elle ne s’accroche pas sur les « réserves » et donne un « décor en négatif ».
A l’inverse, on peut réaliser sur la pièce un décor avec un liquide collant, puis saupoudrer du colorant en poudre, qui ne s’accroche que sur les parties collantes.
Il est possible de réaliser un décor ayant un léger relief quand les colorants sont disposés dans des pâtes céramiques ou des émaux ( technique de l’engobe, de l’émail cloisonné ), mais un colorant posé pur et trop épais ne peut que provoquer des défauts, par manque d’adhérence.

Techniques industrielles

Il existe différentes techniques industrielles de décoration céramique.
Les décalcomanies ou « chromos » sont très largement utilisés pour les décors céramique. Ils permettent de décorer rapidement de grandes séries de pièces. On peut les obtenir en déposant sur des papiers spéciaux plusieurs couleurs céramiques, à l’aide d’écrans sérigraphiques ou de plaques offset. On utilise des chromos slide-off ( glissant ) sur papier « simplex » recouvert de vernis « slide-off ». La décalcomanie est humidifiée dans l’eau pour que le papier et le vernis puissent se séparer facilement. On applique le chromo sur la pièce céramique, on élimine la couche de papier et il faut chasser l’eau et les bulles d’air qui peuvent se trouver entre la pièce céramique et le décor et enfin laisser sécher.
On trouve également l’impression à la plaque gravée, le décor est réalisé en creux sur la plaque de métal. La plaque est recouverte d’une couche de colorant mélangé à un liquide, encre d’imprimerie ou « mordant ». Avec une raclette, on élimine cette couche de la surface de la plaque, les creux de la gravure restant seuls colorés. On pose sur la plaque un papier de soie humide et l’ensemble est passé sous presse. On décolle le papier qui porte sur lui le décor coloré. On pose le papier sur la pièce céramique et on transfère la couleur sous la pression d’une roulette, enfin on retire le papier. Le décor obtenu est monochrome. Il est possible d’obtenir des tons plus ou moins foncés en faisant varier la quantité de couleur par la profondeur du creux de la plaque. Le décor obtenu peut être « rehaussé » par poudrage, ou enluminé au pinceau avec d’autres couleurs.
La technique bien connue de la sérigraphie est également utilisée en décoration céramique ou encore la technique du « offset », procédé utilisé dans l’imprimerie, la photocéramique ou bien le laser.